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Saint JACQUES BERTHIEU, prêtre missionnaire jésuite et martyr

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Saint Jacques Berthieu

Jésuite martyr à Madagascar (+1896)
Originaire de Saint-Flour en Auvergne, il fut missionnaire à Madagascar dont il est le premier martyr et le premier saint. Il fut condamné à mort et exécuté à Ambiatibe.

- Le bienheureux Jacques Berthieu, jésuite, devient le 21 octobre 2012 le premier saint de Madagascar et de l'Océan Indien à l'occasion de la journée mondiale des missions. (site des Jésuites)
Canonisation du Père Jacques Berthieu,
sj, à Rome (Eglise catholique en France)
À Ambiatibe à Madagascar, en 1896, le bienheureux Jacques Berthieu, prêtre de la Compagnie de Jésus et martyr. En temps de paix comme en temps de guerre, il se dépensa sans compter pour l'Évangile, fut expulsé trois fois des missions, et enfin, frappé de coups de pied en haine de la foi et plusieurs fois appelé en vain à l'apostasie, il fut massacré.
Martyrologe romain
« En somme, la mission progresse, - écrivait-il à son frère le 7 avril 1882, - bien que les fruits ne soient encore qu'en espérance en bien des endroits et peu visibles en d'autres. Mais que nous importe, pourvu que nous soyons de bons semeurs: Dieu fera pousser en son temps »

SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/5489/Saint-Jacques-Berthieu.html





BÉATIFICATION DU PÈRE JACQUES BERTHIER

PAROLES DU SAINT-PÈRE PAUL VI

Dimanche 17 octobre 1965
        
Vénérables Frères et chers Fils.

C'est une grande joie pour Nous de vous saluer au soir d’un si beau jour de fête: jour de fête pour les pèlerins de Saint-Flour, justement fiers de ce nouveau bienheureux, fils d’Auvergne; jour de fête pour les pèlerins de Madagascar, venus honorer leur Protomartyr; jour de fête pour la Compagnie de Jésus et, peut-on dire, pour l’Église tout entière, heureuse de célébrer les mérites et les vertus d’un de ses enfants, prêtre, religieux et missionnaire, prédicateur de l’Évangile, héraut de la bonne nouvelle.

Nous saluons d’abord les diocésains de Saint-Flour, conduits par leur zélé évêque, Monseigneur Maurice Pourchet, qu’accompagnent des évêques et des prêtres originaires de l’Auvergne, des personnalités civiles auxquelles s’est joint Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France, et une délégation des cantaliens de Paris.

Notre salut va ensuite aux Pères de la Compagnie de Jésus. de qui le nouveau Bienheureux reçut une solide formation et l’exemple de plus hautes vertus. 

Nous saluons enfin et surtout les Autorités ecclésiastiques et civiles de Madagascar: Monseigneur Jérôme Rakotomalala, archevêque de Tananarive, entouré d’une couronne de prélats de la «grande île»; et Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Jules Razafimbahiny, représentant le Président de la République malgache.

Tous Nous rendons gloire au Seigneur, qui ne manque jamais, au cours des siècles, de susciter de nouveaux témoins et de nouveaux apôtres au sein de son Église. Quelle admirable fécondité que celle de ce peuple saint, de ce peuple de Dieu, qu’est l’Église de Jésus-Christ, qui rassemble tous ses membres dans le même amour du Christ Seigneur et le même zèle pour témoigner de la bonne nouvelle du salut apporté et offert au monde entier!

Voici donc un nouveau fils de France élevé aux honneurs de la béatification. La France, fille aînée de l’Église, a donné au cours de son histoire millénaire tant de fruits de grâce et de sainteté, tant de preuves de son attachement au siège de Pierre, tant de témoignages de sa générosité missionnaire, tant de désintéressement dans l’œuvre éducatrice des peuples, qu’elle a accomplie dans l’univers! C’est pour Nous une joie de le redire aujourd’hui, et de prier Dieu pour que cette noble nation demeure fidèle à ce glorieux passé et sache se montrer toujours riche en nouvelles initiatives et féconde en vocations missionnaires.

Voici aussi un nouveau fils de saint Ignace, parmi la glorieuse cohorte des bienheureux. Tant de héros, tant de missionnaires, tant de martyrs ont été donnés depuis sa fondation par la vaillante Compagnie de Jésus! Et, aujourd’hui comme hier, les jésuites continuent à être missionnaires de par le vaste monde, pour y porter, dans la pauvreté, la chasteté, et l’obéissance, l’héroïque témoignage des amis de Jésus. Puisse le Seigneur bénir leur labeur, féconder leurs travaux, et susciter sur leurs pas de nouvelles chrétientés!

Et voici surtout le premier bienheureux de Madagascar, la grande île si chère à Notre cœur de père et de pasteur. Comment ne pas Nous réjouir avec vous, chers fils malgaches, du si beau développement donné par Dieu à la mission du Père Jacques Berthieu. «En somme, la mission progresse, - écrivait-il à son frère le 7 avril 1882, - bien que les fruits ne soient encore qu’en espérance en bien des endroits et peu visibles en d’autres. Mais que nous importe, pourvu que nous soyons de bons semeurs: Dieu fera pousser en son temps» (Bernard Biot, Le Père Jacques Berthieu, Madagascar 1965, p. 22).

Le Père Berthieu et ses confrères furent de bons semeurs, et Dieu a fait mûrir la moisson. Une fois de plus dans 1’Eglise le sang des martyrs a été une semence de chrétiens, à commencer par quelques-uns de ceux qui avaient donné la mort au vaillant religieux, et qui demandèrent plus tard à recevoir le baptême. Et le Bienheureux sera le premier d’une longue lignée. Déjà est introduite et progresse la cause de la jeune chrétienne Victoire Rasoamanarivo.

Vénérables frères et chers fils, nous vénérons ensemble un témoin héroïque de la charité missionnaire poussée jusqu’au martyre, et nous rendons grâce à Dieu qui, par ses desseins admirables et souvent cachés aux yeux du monde, suscite toujours à son Église les pasteurs dont elle a besoin, les missionnaires qui portent son témoignage, ,et les martyrs qui le scellent de leur sang. Remercions le Seigneur de ces dons qu’il fait si généreusement à son Église, et sachons nous en montrer dignes. Et prions-le ensemble pour que la jeune Église de Madagascar, déjà riche en fruits de grâces, continue à se développer et à donner le beau témoignage de sa vitalité chrétienne. C’est là Notre vœu le plus cher, en gage duquel Nous vous donnons à tous Notre paternelle et affectueuse Bénédiction Apostolique.
                                                        
© Copyright - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651017_berthieu.html


Saint Jacques Berthieu
Missionnaire s.j. et Martyr
(1838-1896)
Jacques Berthieu naît le 27 Novembre 1838 à Montlogis (Cantal, France). Il entre, à l’âge de 15 ans, au petit séminaire de Pléaux et rejoint, en Octobre 1859, le grand séminaire de Saint-Flour où il est ordonné Prêtre le 21 Mai 1863.

Les neuf années durant lesquelles il a été vicaire à la paroisse de Roannes-Saint-Mary ont mûri en lui la vocation Religieuse et Missionnaire : il entre, en 1873, dans la Compagnie de Jésus.

Le 26 Septembre 1875, il s’embarque à Marseille pour la mission à Madagascar. Dans les divers lieux qu’il a parcourus jusqu’à son arrivée en 1891 à Andrainarivo, il se mit au service de ceux qui souffrent, les réconfortant, leur enseignant le catéchisme et célébrant les Sacrements.

Son Amour Sacerdotal était tel que ceux qui l’approchaient en étaient profondément touchés : son détachement à l’égard de tout et la pauvreté dans laquelle il vivait ; son zèle et sa promptitude à accourir auprès des mourants et des besogneux ; surtout, l’ardente Foi avec laquelle il parlait de la Vie éternelle, suscitait l’admiration.

Il est resté avec ses malgaches, même lorsque les circonstances devenaient de plus en plus menaçantes.

En Juin 1896, le village fut envahi par les rebelles, qui capturèrent le Père Berthieu. Près d’Ambiatibe, leur chef fit avancer six hommes armés de fusil.

Voyant cela, le Père se mit à genoux et fit le signe de la Croix.

L’un des chefs lui dit : “renonce à ta stupide Religion ; ne trompe plus les gens ; nous te prendrons pour faire de toi un chef et un conseiller parmi nous”.

« Je ne peux absolument pas consentir à cela, mon fils ; je préfère mourir. »

Deux hommes tirèrent, mais manquèrent leur cible. Un autre coup de fusil atteignit le père dans le dos, mais sans le tuer. Alors le capitaine s’approcha et lui tira un coup à la nuque qui le tua : c’était le 8 Juin 1896.

Jacques Berthieu fut élevé à l’honneur des autels le 17 Octobre 1965, par le Pape Saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978), pendant le Concile Vatican II, et Canonisé le 21 Octobre 2012, par le Pape Benoît XVI (Joseph Aloisius Ratzinger, 2005-2013), à l'occasion de la journée mondiale des Missions.

SOURCE : http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/vie-des-saints/juin/saint-jacques-berthieu-pretre-jesuite-martyr-a-madagascar-fete-le-08-juin.html





Saint Jacques Berthieu

Le bienheureux Jacques Berthieu, jésuite et martyr, est devenu le 21 octobre 2012  le premier saint de Madagascar et de l’Océan . Il est fêté le 8 juin dans la Province (et le 4 février dans les autres Provinces).

Jacques Berthieu est né en 1838 près de Polminhac dans le Cantal. Ordonné en 1863, il exerce dix ans avant de répondre à l’appel à la vie missionnaire jésuite.
Après le noviciat et une courte théologie, il part pour l’île Sainte-Marie où il reste jusqu’à son expulsion en 1880, en application du décret visant les jésuites. Il est alors nommé près de Fianarantsoa. Il en est expulsé en 1883 avec tous les Français en représailles d’une intervention de la marine française. Fin 1885, la paix signée, il part à Ambositra puis Anjozorofady, au nord de la capitale.
La guerre reprenant, il s’en va pour ne revenir qu’en 1895. La paix est fragile et les Menalamba, une tribu des environs, se soulèvent. Le 6 juin 1896, le Colonel Combes décide le repli sur Tananarive. Il part en tête avec ses hommes, laissant la colonne s’étirer dangereusement. Le Père chemine avec les derniers. Soudain les Menalamba attaquent. Les militaires sont trop loin. Le groupe, réfugié dans un village fortifié, a le temps de célébrer une messe. Le Père renvoie ensuite les Malgaches qui sont avec lui : aucun ne sera pris.
Il est alors capturé, insulté, frappé. Sur le chemin, on le fait trébucher, on lui retire ses habits, on le frappe encore. A la tombée du jour, il s’écroule : Ils décident de le fusiller. On rapporte alors ce dernier dialogue :
– Veux-tu nous suivre et renoncer à ta prière ?
– Je ne pourrai jamais ne pas prier, tant qu’il me restera 
un souffle de vie. (…)
– Renonce à ta vilaine religion ; n’égare plus le peuple, 
nous te prendrons pour faire de toi notre chef 
et notre conseiller et nous ne te tuerons pas.
– Je ne puis absolument pas consentir à cela, mon enfant ; 
je préfère mourir.


Source : Mgr Victor Sartre sj, Le bienheureux Jacques Berthieu sj, Martyr à Madagascar, Chine-Maduré-Magascar Publications, 1996, p. 161-163.
Ils le tuent et jettent son corps dans la Mananara. Il va dériver sur 17 km avant d’être repêché et enterré dans un îlot. Au premier anniversaire de son martyr, une foule considérable s’assemble. Les pèlerinages ne vont cesser de croître et de nombreuses grâces de guérison et de réconciliation lui sont attribuées. Martyr de la foi et de la chasteté, il est béatifié par Paul VI le 17 octobre 1965, pendant le concile Vatican II, et est canonisé par Benoît XVI  le 21 octobre 2012.
P. Guilhem Causse sj

Extrait d’une lettre de Jacques Berthieu à un prêtre de ses amis.

[Il ne peut accepter l’invitation d’un voyage en France.]
… Je ne puis vous le cacher, il y a eu quelques changements que la grâce de Notre Seigneur, en m’appelant à la vocation religieuse, a dû opérer en moi. Il a fallu consommer en réalité et pour toujours et non in voto et ad tempus (en désir et pour un temps seulement) certains sacrifices que Notre Seigneur demande à ceux qu’il a daigné appeler à sa suite de plus près et speciali modo (d’une manière particulière). C’est mon cas. il n’est pas d’usage chez nous, quand on est en mission à l’étranger, qu’on rentre jamais en France pour simple visite, alors même qu’on vous payerait les gros frais de voyage, comme l’aurait désiré ma mère pendant la guerre franco-malgache, alors que nous étions expulsés.

Donc, cher ami, un bon au revoir au ciel, si Dieu m’en fait la grâce ; c’est tout ce que je puis vous promettre à vous comme à ma chère, nombreuse et bien-aimée famille qui en a fait son sacrifice comme moi, dès le premier jour.

Dieu sait si j’aimais et si j’aime encore et patriae fines et dulcis Alverniae arva (le sol de la patrie et la terre chérie de l’Auvergne). Et cependant Dieu me fait la grâce d’aimer bien plus encore ces champs incultes de Madagascar, où je ne puis que pêcher (et bien péniblement) à la ligne quelques âmes pour Notre Seigneur. Je conserve de Roanne un excellent souvenir. Mais je sais d’autre part, et pour sûr, que c’est ici que Dieu m’a appelé : y rester jusqu’à ma dernière heure n’est plus pour moi un sacrifice ; revenir en France en serait un que je ne pourrais faire que pour Dieu, comme je fis le premier. Je vous parle franchement et sans figure. C’est là un des secrets très communs, mais peu connus, de la vie missionnaire.

… Je suis maintenant depuis dix-huit mois à une grosse journée Nord de Tananarive, sans compagnon (confrère) pour la première fois de ma vie, ayant dix-huit postes à desservir sur une très vaste étendue… Me voilà donc depuis lors missionnaire pour tout de bon et je m’y suis fait. Mes forces baissent, mais je puis bien encore monter à cheval… Une fois le mois, à la réunion des Pères, je vais à la capitale, pour toutes les affaires… Je n’y manque guère. Voilà en partie ma vie. Pour résumer, c’est ici que le Royaume des cieux souffre violence de la part de nombreux, méchants et puissants ennemis.

Quant à vous donner quelque conseil d’ami, je ne l’ose guère. Je me bornerai à celui de saint Paul, qui me regarde moi autant et plus que vous : Attende tibi et gregi in quo te posuit Deus… regere ecclesiam (veille sur toi-même et sur le troupeau où Dieu t’a placé… pour être pasteur de l’Eglise) ( cf. Act 20, 28).

(Ed. A. Boudou, Le P. Jacques Berthieu , Beauchesne, 1935, pp. 342, 344-345).

SOURCE : https://www.jesuites.com/saint-jacques-berthieu-sj/




Canonisation de Jacques Berthieu

Le bienheureux Jacques Berthieu, jésuite, est devenu le 21 octobre 2012 le premier saint de Madagascar et de l’Océan Indien.

Une vocation missionnaire

Jacques Berthieu est né le 27 novembre 1838 à la ferme du domaine de Montlogis, à Polminhac, dans le Cantal en Auvergne. Ses parents y étaient fermiers. Il est l’ainé survivant d’une famille de 7 enfants, la première née étant décédée à l’âge de 2 semaines. Les ancêtres de Jacques se retrouvent à Giou de Mamou aux XVIème et XVIIème siècles, après un court passage par Yolet, ils se sont installés à Polminhac vers 1730.
Il fait ses études au séminaire de Saint-Flour (Cantal). Il est ordonné prêtre diocésain le 21 mai 1864 à Saint-Flour puis nommé vicaire de Roannes-Saint-Mary. Il resta au service de ce diocèse de 1864 à 1873.
Puis il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, en 1873. Il suit les études de théologie à Vals où il sera marqué par le Père Ramière et la dévotion au Sacré Cœur de Jésus. Très vite, le père Berthieu affirme une vocation de missionnaire. Ses supérieurs veulent l’envoient  à Madagascar deux ans plus tard.

21 années d’apostolat dans l’Océan Indien et trois exils

En 1875 il quitte le port de Marseille pour  l’île de La Réunion d’où il passe bientôt sur Sainte Marie (aujourd’hui: Nosy Boraha), une île (française) au large de la côte nord-ouest du Madagascar, pour y étudier la langue malgache. Avec deux autres jésuites et les Sœurs de Saint Joseph de Cluny il forme une équipe missionnaire dynamique. Il y fait du travail pastoral durant cinq ans, jusqu’en mars 1880.
Ses vingt-et-une années d’apostolat furent entrecoupées de trois exils, à cause des lois françaises antireligieuses et des guerres coloniales. Mais le 29 mars 1880 les jésuites sont expulsés de tous les territoires français. Les lois républicaines de Jules Ferry contre les Congrégations religieuses le contraignent à quitter sa mission et à rejoindre la grande île de Madagascar, alors royaume indépendant. Il se rend à Tananarive et Tamatave et dans la lointaine mission d’Ambohimandroso au sud de Antanarivo (Tananarive), de 1881 à 1883.
Tout dévoué à ses brebis, il ne leur cachait pas les exigences de la sainteté, notamment l’unité et l’indissolubilité du mariage.
En 1883 les guerres tribales des Hovas contre les troupes coloniales (première guerre franco-malgache) le forcent à nouveau à quitter son village, il se rend à Tamatave comme aumônier militaire.
De 1886 à 1891 Jacques Berthieu dirige la mission d’Ambositra où il ouvre nombre de postes missionnaires et développe l’éducation scolaire… Il consacre beaucoup de temps à la formation des catéchistes, lutte contre les foyers irréguliers, insistant sur l’unité et l’indissolubilité du mariage. Il développe aussi l’agriculture et soigne les lépreux.
En 1891, Jacques Berthieu est en charge de deux postes au nord d’Antananarivo. Il se fixe enfin à la mission d’ Andrainarivo au Nord de Tananarive, “à huit heures de cheval, bon train, sans s’amuser”. Il ajoute: “J’ai commencé la vie de vrai missionnaire, seul, sans compagnon, dans un vaste district. J’ai dix-huit postes ou paroisses à desservir, parfois très éloignés les uns des autres.”
Voir ci-dessous l’ Extrait plus détaillé de cette lettre du bienheureux Jacques Berthieu à un prêtre de ses amis où il indique qu’il ne peut accepter l’invitation d’un voyage en France. Il est aussi conscient du danger qui le menace.
Il s’occupe de la christianisation de plus de dix villages et stations missionnaires. La situation y est difficile ; les rivalités entre protestants et catholiques y sont vives.
Mais la seconde guerre franco-hova (guerre coloniale franco-malgache 1894-1895), l’oblige à un nouvel exil, plus court cette fois, sur l’île de la Réunion et il est de retour en décembre 1895, sur la grande île de Madagascar, à Ambatomainty après treize mois d’absence..
Une paix est signée, mais elle ne règne pas dans tous les esprits.

Vers le martyr

En 1896 il est confronté a une insurrection politico-religieuse du mouvement Menalamba, ceux qui portent des lamba ou toges rouges (opposition au christianisme et au pouvoir français). Partie de l’ouest de l’Imerina, elle gagne le nord. Les chrétiens sont souvent menacés car pendant cette rébellion, la tribu des Menalamba voulait rétablir le culte des idoles.
Les derniers événements qui viennent de frapper le pays, répètent les meneurs, ont pour cause l’abandon du culte des Ancêtres. Sans distinguer entre le politique et le religieux, les insurgés s’en prennent à tout ce qui est étranger. Ils ont réussi à s’infiltrer dans la région d’Andrainarivo. La population doit être évacuée par ordre de l’autorité militaire.
Jacques Berthieu cherche à placer les chrétiens sous la protection des troupes françaises. Privé de la protection d’un colonel français à qui le Père avait reproché sa conduite envers les femmes indigènes, le Père Berthieu dirige ainsi un convoi de chrétiens vers Antananarivo. Le P. Berthieu a un cheval, il pourrait prendre les devants; il lie son sort à celui des habitants, prête sa monture à un employé de la mission qu’une plaie au pied empêche de marcher.
Il est isolé des soldats et attaqué par les Menalamba, le 7 juin 1896. C’est ainsi qu’il tombe entre leurs mains dans l’après-midi du 8 juin 1896.
Il est arrêté. Il reçoit un coup de hache sur le front et des chrétiens divorcés se vengent des reproches du père Jacques Berthieu en l’insultant et en le frappant. Sur le chemin qui le conduit au chef de l’insurrection, il tombe épuisé, ne cessant de prier pour ses bourreaux qu’il appelle « mes enfants ».
Le 8 juin 1896 il lui est cependant proposé la vie sauve s’il renonce à la foi chrétienne : “Renonce à ta vilaine religion, n’égare plus le peuple”, lui avait lancé le chef des Manalamba, avant de poursuivre : “nous te prendrons pour faire de toi notre chef et notre conseiller, nous ne te tuerons pas”. “Je ne puis absolument pas consentir à cela. Je préfère mourir !”, avait-il alors répondu, en s’agenouillant.
Quelques minutes, après il reçoit une décharge de fusil. Un coup à bout portant l’achève. Son corps est traîné jusqu’au fleuve Mananara et jeté dans les eaux.
Le missionnaire refuse donc cet acte d’apostasie. Jacques Berthieu accepte d’être fusillé à Ambiatibe (à 60 kilomètres de Tananarive). A sa mort, plusieurs de ses agresseurs adhèrent au message de l’Evangile et reçoivent le baptême. Jacques Berthieu fait la fierté des catholiques malgaches.

Les étapes vers la canonisation

Le 10 octobre 1916, Mgr de Saune, vicaire apostolique de Tananarive, a chargé une commission d’enquête sur les circonstances exactes de sa mort. En 1933 à la demande de la Sacrée Congrégation des Rites, s’ouvre le procès de l’Ordinaire qui aboutit, le 8 avril 1964, à la déclaration officielle par Paul VI du martyre du P. Berthieu. Il a été proclamé Bienheureux. Martyr de la foi et de la chasteté, il fut béatifié à Rome par Paul VI le 17 octobre 1965, pendant le concile Vatican II. Sa fête est le 8 juin. Le Pape Benoît XVI a, le 19 décembre 2011 dernier, autorisé la Congrégation pour les causes des Saints à promulguer les décrets reconnaissant les miracles de sept futurs Saints, parmi lesquels le Français Jacques-Berthieu (1838-1896), missionnaire mort martyr à Madagascar. Il sera canonisé par le pape Benoit XVI le 21 octobre 2012, à l’occasion de la journée mondiale des missions.

Quelques citations :

“Dieu sait si j’aimais et si j’aime encore et patriae fines et dulcis Alverniae arva (le sol de la patrie et la terre chérie de l’Auvergne). Et cependant Dieu me fait la grâce d’aimer bien plus encore ces champs incultes de Madagascar, où je ne puis que pêcher (et bien péniblement) à la ligne quelques âmes pour Notre Seigneur.”

“La mission progresse, bien que les fruits ne soient encore qu’en espérance en bien des endroits et peu visibles en d’autres. Mais que nous importe, pourvu que nous soyons de bons semeurs : Dieu fera pousser en son temps.”

SOURCE : https://www.jesuites.com/jacques-berthieu/


Saint Jacques Berthieu
Un don jusqu'à l'extrême.
Jacques Berthieu est né en 1838 près de Polminhac dans le Cantal. Ordonné en 1863, il exerce dix ans avant de répondre à l’appel à la vie Missionnaire Jésuite.

Après le noviciat et une courte théologie, il part pour l’île Sainte-Marie où il reste jusqu’à son expulsion en 1880, en application du décret visant les Jésuites.

Il est alors nommé près de Fianarantsoa.

Il en est expulsé en 1883 avec tous les Français en représailles d’une intervention de la marine française.
Fin 1885, la paix signée, il part à Ambositra puis Anjozorofady, au nord de la capitale. La guerre reprenant, il s’en va pour ne revenir qu’en 1895.

La paix est fragile et les Menalamba, une tribu des environs, se soulèvent.

Le 6 juin 1896, le Colonel Combes décide le repli sur Tananarive. Il part en tête avec ses hommes, laissant la colonne s’étirer dangereusement.

Le Père chemine avec les derniers. Soudain les Menalamba attaquent. Les militaires sont trop loin.

Le groupe, réfugié dans un village fortifié, a le temps de célébrer une Messe. Le Père renvoie ensuite les Malgaches qui sont avec lui : aucun ne sera pris.
Il est alors capturé, insulté, frappé. Sur le chemin, on le fait trébucher, on lui retire ses habits, on le frappe encore.

A la tombée du jour, il s’écroule : Ils décident de le fusiller. On rapporte alors ce dernier dialogue :

- Veux-tu nous suivre et renoncer à ta prière ?

- Je ne pourrai jamais ne pas prier, tant qu’il me restera un souffle de vie. (…)

- Renonce à ta vilaine religion ; n’égare plus le peuple, nous te prendrons pour faire de toi notre chef et notre conseiller et nous ne te tuerons pas.

- Je ne puis absolument pas consentir à cela, mon enfant ; je préfère mourir.

Ils le tuent et jettent son corps dans la Mananara. Il va dériver sur 17 km avant d’être repêché et enterré dans un îlot.

Au premier anniversaire de son martyr, une foule considérable s’assemble. Les pèlerinages ne vont cesser de croître et de nombreuses grâces de guérison et de réconciliation lui sont attribuées.

Il est Béatifié le 17 Octobre 1965 et Canonisé le 21 Octobre 2012.

SOURCE : http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/vie-des-saints/juin/saint-jacques-berthieu-pretre-jesuite-martyr-a-madagascar-fete-le-08-juin.html



A New Jesuit Saint: The life and martyrdom of Jacques Berthieu

Adolfo NicolásOctober 29, 2012

Fr. Jacques Berthieu, a French Jesuit (1838-1896), priest and missionary in Madagascar, was declared a blessed martyr of faith and chastity by Pope Paul VI in 1965 during the Second Vatican Council. He will be canonized in Rome on October 21st with six other Blessed. This day coincides with the World Mission Sunday and is part of the celebration of the Year of Faith and the Synod of Bishops on the New Evangelization. Moreover, for the Society of Jesus, this year 2012 is also marked by the Congregation of Procurators which took place last July in Nairobi. The apostolic vitality of the provinces of Africa and Madagascar and our renewed awareness of sentire cum Ecclesia invite us to receive with fervor the witness of Jacques Berthieu. After recalling the stages of his life and his martyrdom according to the sources, I will highlight some aspects of his holiness that challenge us today.
Jacques Berthieu was born on November 27, 1838, in the area of Montlogis, in Polminhac, in the Auvergne in central France where his parents were farmers. He studied at the seminary of Saint-Four and was ordained to the priesthood for this diocese in 1864. He was appointed vicar in Roannes-Saint-Mary, where he remained for nine years. Because of his desire to evangelize distant lands, and to ground his spiritual life in the Spiritual Exercises of Saint Ignatius, he sought admission to the Society of Jesus and entered the novitiate in Pau in 1873. He sailed from the port of Marseille in 1875 to two islands in the vicinity of Madagascar: Réunion and Sainte-Marie (at that time dependent on France and today called Nosy Bohara) where he studied Malagasy and prepared himself for the mission.
In 1881, French legislation closed French territories to Jesuits, a measure which compelled Jacques Berthieu to relocate to the large island of Madagascar. He first worked in the district of Ambohimandroso-Ambalavao, in Fianarantsoa, the southern part of the highlands. During the first Franco–Malagasy war, he carried out various ministries on the eastern and northern coastlines. From 1886 on, he supervised the mission of Ambositra, 250 km South of Antananarivo, and later, the mission of Anjozorofady-Ambatomainty, north of the capital. A second war forced him to move further. In 1895, the Menalamba (“red shawl”) revolt targeted Christians as well as the colonizers. Jacques Berthieu sought to place the Christians under the protection of French troops. Deprived of this protection by a French colonel whom Berthieu had chastised for his behavior with the women of the country,   Berthieu led a convoy of Christians towards Antananarivo and stopped in the village of Ambohibemasoandro. On June 8, 1896, the Menalamba entered the village, and finally found Jacques Berthieu who had been hiding in the house of a Protestant friend. They seized him and stripped him of his cassock. One of them snatched his crucifix from him, saying: “Is this your amulet? Is it thus that you mislead the people? Will you continue to pray for a long time?” He responded: “I have to pray until I die.” One of them then struck   Berthieu’s forehead with a machete; Berthieu fell to his knees, bleeding profusely. The Menalamba then led him away for what would be a long trek. Because of his wound, Jacques Berthieu said to those who were leading him: “Let go of my hands so that I can take my handkerchief from my pocket to clean the blood from my eyes, because I can no longer see the way.” Along the way, when someone approached him, Jacques Berthieu asked him: “Have you received baptism, my son?” “No,” answered the other. Searching his pocket, Jacques Berthieu drew out a cross and two medals  and gave them to him, saying: “Pray to Jesus Christ all the days of your life. We will no longer see each other, but do not forget this day. Learn the Christian religion and ask for baptism when you see a priest.”
After about a ten kilometer march, they reached the village of Ambohitra where the church Berthieu had built was located. Someone insisted that it would not be possible for Berthieu to enter the camp because he would desecrate the “sacred objects” (referring to the fetishes). Three times, they threw a stone at him, and the third time Berthieu fell prostrate. Not far from the village, since Berthieu was sweating, a Menalamba took Berthieu’s handkerchief, soaked it in mud and dirty water, and tied it around Berthieu’s head, as they jeered at him, shouting: “Behold the king of the Vazaha (Europeans)”. Some then went on to emasculate him, which resulted in a fresh loss of blood that exhausted him.
As night drew near, in Ambiatibe, a village 50 kilometers north of Antananarivo, after some deliberation, a decision was made to kill Berthieu. The chief gathered a platoon of six men armed with guns. At the sight, Jacques Berthieu knelt down. Two men fired simultaneously at him, but missed. Berthieu made the sign of the cross and bowed his head. One of the chiefs approached him and said: “Give up your hateful religion, do not mislead the people anymore, and we will make you our counselor and our chief, and we will spare you.” He replied: “I cannot consent to this; I prefer to die.” Two men fired again. Berthieu bowed his head in prayer once more, and they missed him. Another fired a fifth shot, which hit Berthieu without killing him. He remained on his knees. A last shot, fired at close range, finally killed Jacques Berthieu.
As a missionary, Jacques Berthieu described his task thus: “This is what it means to be a missionary: to make oneself all things to all people, both interiorly and externally; to be responsible for  everything, people, animals, and things, and all this in order to gain souls, with a large and generous heart.” His many efforts to promote education, to construct buildings, irrigation and gardens, and to develop agricultural training all give witness to these words. He was a tireless catechist. A young school teacher, who was accompanying him on a journey, noticed that even while on horseback, Berthieu   still had his catechism open before him. The teacher asked him: “Father, why are you still studying the catechism?” He answered: “My son, the catechism is a book one can never understand deeply enough, since it contains all of Catholic doctrine.” In those days, once on foreign mission, there was no question of returning to one’s country of origin. “God knows,” Berthieu said, “how much I still love the soil of my country and the beloved land of the Auvergne. And yet God has given me the grace to love even more these uncultivated fields of Madagascar, where I can only catch a few souls for our Lord… The mission progresses, even though the fruit is still a matter of hope in some places, and hardly visible in others. But what does it matter, so long as we are good sowers? God will give growth when the time comes.”
A man of prayer, Jacques Berthieu drew his strength from it. “Whenever I looked for him,” declared one of the catechists, “I found him almost always on his knees in his room.” Another said: “I have seen no other Father remain so long before the Blessed Sacrament. Whenever we looked for him, we were sure to find him there.” A brother of his community also gave this testimony: “While he was convalescing, each time I entered his room, I found him on his knees, praying.” His love for God was such that they called him “tia vavaka” (the pious one). He was always seen with the rosary or the breviary in his hands. His faith expressed itself in his devotion to the Blessed Sacrament, the Eucharist being the source of his spiritual life. He also professed a special devotion to the Sacred Heart to which he consecrated himself in Paray-le-Monial before departing for mission, and he became the apostle of this devotion among the Malagasy Christians. A fervent devotee of the Virgin Mary, he went on pilgrimage to Lourdes, and the rosary was his favorite prayer; it was this prayer that he recited while he was being led to his death. He also venerated Saint Joseph.
As a pastor, he addressed Christians with the very words of Christ: “my little children” (Jn 13, 33); as for his executioners, he questioned them with gentleness: “ry zanako, my children.” His charity was full of respect for others, even when he had to correct an erring believer. And yet, he knew how to speak strongly and firmly whenever he judged that the interests of God and of the church were at stake. He did not hide the demands of Christian life, beginning with the unity and the indissolubility of monogamous marriage. Polygamy being the usual practice at the time, he denounced the injustice and the abuses it generated, thus creating enemies, especially among the powerful.
On the eve of his death, while he was heading towards the capital with the Christians hunted down by the Menalamba, he was moved with compassion at the sight of a young man with a wounded foot. Berthieu began looking for carriers, offering a large amount of money for this service, but all refused. Descending from his horse, Berthieu lifted the disabled man onto his mount, and despite Berthieu’s own weakness, he himself continued the journey on foot, while pulling the animal by the bridle. “He was gentle,” declared a witness, “patient, zealous in carrying out his ministry whenever he was called, even when someone called him at midnight or when it was raining heavily.” In the south of Anjozorofady lived two female lepers. Whenever he returned from his travels, he would visit them, bring them food and clothes, and teach them catechism, until he baptized them. He considered the accompaniment of the dying in their agony a most important ministry: “Whether I am eating or sleeping,” he would say, “do not be ashamed to call me; for me there is no stricter obligation than to visit the dying.”
The total and irreversible gift of his life in the following of Christ was at the heart of his commitment. In the midst of trials, he retained his sense of humor, and remained affable, humble and helpful. He liked to quote the Gospel passage: “Do not be afraid of those who kill the body, but rather of those who make one lose one’s soul.” (cf. Mt 10:28). In his instructions, he often spoke of the resurrection of the dead. The faithful remembered the following sentence: “Even if you are eaten by a crocodile, you will rise again.” Was this a premonition of his own end? In fact, after his death, two inhabitants of Ambiatibe dragged his body to the river Mananara, a short distance away from the place of his martyrdom, and his remains disappeared.
The Society rejoices that the church canonizes a new saint from among us, proposes him as a model to all the faithful, and invites them to seek his intercession. Certainly the historical context and the modalities of mission have changed from the end of the 19th century to our time; it is the role of historians to investigate more closely what actually happened and of hagiographers to identify the most significant aspects of holiness.
May the Holy Spirit help us put into practice the choices of Jacques Berthieu: his passion for a challenging mission that led him to another country, another language, and another culture; his personal attachment to the Lord expressed in  prayer; his pastoral zeal, which was simultaneously a fraternal love of the faithful entrusted to his care, and a commitment to lead them higher on the Christian way; and finally, a life lived as gift, a choice lived out every day until the death which definitively configured him to Christ.
May the intercession of Jacques Berthieu help us to recognize the strength that is given to us in our weakness, so that we might be live our vocation with fidelity and joy, and give ourselves totally to the mission received from the Lord!

SOURCE : https://www.americamagazine.org/issue/new-jesuit-saint


Pope to canonize French Jesuit martyr

Vatican City, Oct 3, 2012 / 01:09 am (EWTN News)

Later this month, Pope Benedict XVI is slated to canonize Father Jacques Berthieu, a French Jesuit who was martyred in Madagascar in 1896.
Fr. Berthieu will be canonized alongside six other blesseds in an Oct. 21 ceremony on World Mission Sunday at the Vatican.
The priest was born in 1838 and grew up with six siblings in a pious farming family in central France. He was ordained to the priesthood for Diocese of Saint-Flour in 1864.
Fr. Berthieu then felt called to join the Society of Jesus, and did so in 1873. While in the novitiate, he became devoted to the Sacred Heart of Jesus, which had been popularized by the Jesuit St. Claude de la Colombiere. Before finishing his novitiate, he was assigned to the missions in Madagascar in 1875.
In a letter to a friend dated July 28, 1875, he wrote that “I have been designated as a future apostle to the Malagasy (Madagascar)...probably to never return, which is fine with me.”
The French priest became a highly successful missionary, nearly tripling the number of mission stations on the north of the island.
Local government officials, however, became increasingly concerned about French and British colonialism, and a series of wars between 1883 and 1896 resulted in the island’s colonization by France.
During that time, an uprising called the Menalamba rebellion targeted foreigners and Christians in the country. The group believed that the island's loss of sovereignty was due to the abandonment of ancestor worship.
The Menalamba attacked Fr. Berthieu and other refugees he was accompanying on June 8, 1896, and their chief insisted he become a conserve to their tribe. They insisted, however, that he renounce his faith.
Fr. Berthieu refused to apostasize, was beaten with clubs and ultimately killed by a gunshot wound. His body was dumped into a river and was never recovered.
Some of his persecutors reportedly were later baptized.
The priest was declared venerable in 1964, and was beatified by Paul VI the following year. He has been celebrated liturgically on June 8 by the French Province of the Society of Jesus, and Feb. 4 by the rest of the society.
On Dec. 19, 2011, Pope Benedict accepted the decree of the Congregation for the Causes of Saints acknowledging a miracle worked through Fr. Berthieu's intercession.

SOURCE : https://web.archive.org/web/20121125060450/http://www.ewtnnews.com/catholic-news/Vatican.php?id=6266



Monument érigé sur le lieu du Martyre, Ambiatibé



BEATIFICAZIONE DEL MARTIRE GIACOMO BERTHIEU

ALLOCUZIONE DI SUA SANTITÀ PAOLO VI

Domenica, 17 ottobre 1965
          
Signori Cardinali!
Venerati Fratelli!
Illustri Signori del Madagascar e della Francia!
Fedeli e Figli tutti carissimi!


Gaudeamus omnes in Domino! Rallegriamoci tutti nel Signore! La Santa Chiesa, con la beatificazione di Giacomo Berthieu, Sacerdote, Religioso, Missionario, Martire, ci autorizza, anzi ci esorta ad onorare uno dei suoi figli migliori, riconosciuto oggi ufficialmente meritevole dell’eterna gloria celeste, e degno pertanto del nostro culto, riflesso di quello che dobbiamo a Cristo Signore, e della nostra fiducia nella sua intercessione in nostro favore. Un nuovo filo si aggiunge alla trama dei rapporti soprannaturali, che intercedono fra la Chiesa trionfante in paradiso e la Chiesa pellegrinante sulla terra, e che formano il tessuto animato della carità, che mai non muore, della comunione dei Santi.

La Chiesa intera guarda commossa e fiera verso il nuovo Beato; contempla nell’umile e tragica vicenda di questo suo testimonio, immolato alla fedeltà intrepida del suo ministero, la presenza perenne di Cristo, che nel suo inviato continua a cercare gli uomini, a parlare, a soffrire, a morire per loro, e per loro a vivere alla destra del Padre, riverberante speranza e gaudio sul Popolo di Dio, nel suo faticoso cammino verso gli eterni destini.

Gaudeamus omnes in Domino!

Questa beatificazione di Giacomo Berthieu viene molto a proposito, non solo a confortare ed a edificare i nostri animi sul sentiero della via cristiana nei suoi molteplici e ardui doveri, variamente assegnati a ciascuno di noi (non è questo uno degli scopi precipui d’ogni canonica esaltazione d’un Beato, o d’un Santo?), ma viene altresì a commentare ed a illustrare la duplice celebrazione missionaria propria di questi giorni; vogliamo dire la Giornata missionaria mondiale, indetta per la prossima domenica, in tutto il mondo cattolico; e vogliamo anche dire l’approvazione dello Schema sull’attività missionaria della Chiesa, testé votata dal Concilio ecumenico. Un campione eroico dell’evangelizzazione cattolica è sollevato davanti a noi quasi per mostrarci all’evidenza in un autentico tipo, in una vita silenziosamente e drammaticamente vissuta, in un determinato momento storico e in un preciso ambiente etnico e geografico, che cosa sia in realtà la Chiesa missionaria.

Faremo bene, Fratelli e Figli carissimi, a ripensare la breve storia di questo Missionario martire; e noi vi scopriremo facilmente quelle leggi che reggono la dottrina dell’evangelizzazione e la vita missionaria. La sua vocazione documenta invero la necessità che domina il fatto missionario; necessità che deriva dal piano di salvezza instaurato dalla sapienza e dalla bontà di Dio; piano non facoltativo (anche se non esclusivo per la misteriosa ampiezza della misericordia divina, che trascende i confini stessi del sistema in cui essa si esercita); non facoltativo, ma unico e necessario, e realizzabile normalmente solo se la libera volontà dell’uomo vi corrisponde; donde la forza obbligante della vocazione missionaria, la più spontanea fra tutte e la più generosa. Documenta la sua vocazione altresì l’aspetto eroico della vita missionaria, che partendo da un distacco d’ogni proprio bene (reliquimus omnia! - Matth. 19, 27) e da un dono totale di sé, non dice mai basta, non dice mai di no a tutte le pene che essa comporta, nemmeno a quella suprema, la morte, che arriva spietata ed assurda, e diventa per il missionario logica ed amica.

Così fu per Giacomo Berthieu. E la sua vocazione missionaria documenta altresì la passione per le anime, la carità per gli uomini, la quale tanto più si compiace mostrarsi eccelsa e sconfinata quanto più gli uomini a cui si rivolge affabile e gratuita, sono lontani, sono sconosciuti, sono per lingua, per costumi, per diffidenza, per cecità di giudizio e d’interesse, difficili e quasi refrattari al colloquio del messaggero evangelico; mentre poi con la fede si accende, dapprima timida ed incerta, dal cuore del missionario a quello del neofita, e divampa in nuova fiamma, che nessun vento contrario mai più spegnerà. Come appunto avvenne alla popolazione evangelizzata della grande isola. Si rispecchia cioè nella semplice e drammatica biografia del Beato Giacomo Berthieu il paradigma della grande idea missionaria, e si realizza in esempio vivente ed eloquente, che sollecita da noi l’ammirazione per lui e per l’idea missionaria che in lui s’incarna; e mentre questo nostro primo e fervoroso atto di culto al Martire Beato ci conforta a pensare che la sua protezione non mancherà di sostenere lo sforzo missionario, a cui oggi la Chiesa cattolica s’impegna con giovanile audacia, e tutti ci farà missionari; tutti cioè ci ammonisce essere dovere comune e grave d’ogni cristiano cercare di trasmettere ad altri il dono della fede; tutti ci vuole collaboratori e sostenitori dell’esercito missionario militante ai margini del regno visibile di Dio per allargarne i confini di civiltà e di salvezza; tutti ci invita a pregare, a offrire, ad operare per la causa missionaria, ch’è quella di Cristo, del suo Vangelo, della sua Chiesa, della sua gloria.  

© Copyright - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/content/paul-vi/it/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651017_berthieu.html





San Giacomo Berthieu Sacerdote gesuita, martire


Monlogis, Francia, 26 novembre 1838 - Ambiatibé, Madagascar , 8 giugno 1896

Nacque in Francia a Polminhac il 26 novembre 1838 e morì martire ad Ambiatibé (Madagascar) l'8 giugno 1896. Dopo aver studiato nei seminari di Pleaux e di Saint-Flour, fu ordinato sacerdote nel 1864 e fu per nove anni vice-parroco a Roanne. Gesuita, nel 1875, missionario nel Madagascar, gli fu assegnato quale primo campo di lavoro l'isola di Santa Maria, abitata dai Betsimisaraka, dove lavorò per sei anni. I decreti emanati nel 1880 dal governo francese costrinsero nel 1881 Berthieu a lasciare la sua missione. Si recò prima a Tamatova e poi a Tananarive, da dove venne inviato nella missione di Ambohimandroso, presso i Betsileo. Ma lo scoppio della prima guerra franco-hova (1883) lo obbligò a ripartire. Allo scoppio, nel 1894, della seconda guerra dei malgasci contro la Francia si trovava ad Andrainarivo. Fu catturato dagli insorti mentre accompagnava i suoi cristiani evacuati dai villaggi. Invitato varie volte ad abbandonare la fede, egli si rifiutò e i pagani, irritati dai suoi rifiuti lo uccisero ad Ambiatibé l'8 giugno 1896 e gettarono il suo cadavere nel fiume Mananara. (Avvenire)

Etimologia: Giacomo = che segue Dio, dall'ebraico

Emblema: Palma

Martirologio Romano: Ad Ambiatibes in Madagascar, beato Giacomo Berthieu, sacerdote della Compagnia di Gesù e martire, che in pace come in guerra si adoperò con dedizione per il Vangelo e, scacciato per tre volte dalle missioni, preso a calci e ripetutamente invitato invano all’apostasia, fu infine ucciso in odio alla fede.

Quest'umile martire gesuita nacque, secondo di sette fratelli, il 27 novembre 1838, nella fattoria di Monlogis, del comune di Polminhac, nel dipartimento del Cantal (Francia). A quindici anni, Giacomo entrò nel seminario minore di Pleaux e, benché non avesse mai avuto la gioia di essere annoverato tra i primi della classe, in condotta riportò sempre "ottimo". Al termine degli studi di retorica passò al seminario maggiore di Saint-Flour (1859) per compiere gli studi di teologia e prepararsi al sacerdozio che gli fu conferito nel 1864.

I primi tre anni di ministero, Berthieu li trascorse a Roannes-Saint-Mary, ma gli furono resi poco facili e felici dal parroco vecchio, malato e melanconico. Dopo altri sei anni trascorsi sotto un nuovo parroco più comprensivo e caritatevole, tra trepidazioni ed esitazioni, il beato sentì il bisogno di entrare a Pau nel noviziato della Compagnia di Gesù (1873). Più tardi così ne scrisse alla famiglia: "Avevo sempre avuto una profonda venerazione per la vita religiosa e soprattutto per quella del missionario; tuttavia non avevo mai osato pensare che nostro Signore mi avrebbe un giorno chiamato ad essa. Me ne riconosco del tutto incapace sotto ogni aspetto; e questo fino al momento in cui la Provvidenza è venuta a prendermi per quella vita, proprio nel bei mezzo della mia carriera sacerdotale".

Il P. Berthieu fu destinato alle missioni del Madagascar, dipendenti dalla provincia gesuitica di Tolosa. Iniziò il suo lavoro nell'isola di Santa Maria, tra stenti e fatiche di ogni genere. Sei mesi dopo il suo arrivo scrisse al fratello: "A mia grande confusione, non ho proprio nulla da dirti perché qui non ho ancora fatto nulla. Studiare il malgascio, catechizzare i bambini della scuola,... ascoltare a volte qualche confessione, osservare un po' e acclimatarmi, ecco tutto il mio lavoro, fino a oggi. Con questo ho naturalmente di che occuparmi senza per nulla avere il tempo o tanto meno l'idea di annoiarmi. La mia inutilità e la mia miseria spirituale servono ad umiliarmi senza però scoraggiarmi, in attesa dell'ora in cui potrò fare qualche cosa, con la grazia di Dio".

Appena s'impratichì della lingua malgascia, il beato fu assorbito completamente dall'insegnamento del catechismo, le visite ai poveri e ai lebbrosi, i battesimi, la preparazione alle prime comunioni, la celebrazione e regolarizzazione dei matrimoni e l'assistenza agl'indigeni addetti ad una coltivazione agricola razionale, dalla quale la missione traeva i mezzi necessari per sostenere la scuola dei bambini.

Dopo tanti sudori, nel 1881 P. Berthieu dovette abbandonare l'isola a motivo dei decreti di espulsione dei religiosi dai territori francesi. Negli anni che seguiranno, egli rivivrà queste dure esperienze perché sarà sovente sbalzato da una stazione missionaria all'altra, contrariamente alle sue aspirazioni e al suo temperamento. Scrisse infatti nel 1893 ad un suo compagno di seminario: "Quanto a me, ecco le tappe del mio servizio: sei anni nell'isoletta di Santa Maria, a poche miglia dalla costa del Madagascar, fino all'espulsione dei religiosi decretata nel 1880. Poi due anni nel sud del Madagascar, fino a quando ne sono stato cacciato a causa della prima guerra franco-malgascia. Un anno relegato a Tamatave, dove mi sono messo a piantare legumi per i miei confratelli. Due anni a fare il cappellano volontario nel nord, ma senza ricevere stipendio, anzi pagando per avere il rancio. Avevo iniziato la stazione di Diego Suarez all'estremo nord dell'Isola Rossa, quando fui chiamato ad Ambositra, non appena conchiusa la pace. Vi sono rimasto quasi sei anni, dandomi da fare in mezzo a numerose difficoltà e persecuzioni. Attualmente mi trovo da un anno e mezzo a un giornata di cammino al nord di Tananarive, ed ho cura di ben diciotto piccoli centri, in una zona piuttosto estesa". Qui, come altrove, egli cercò di farsi tutto a tutti. Di lui fu detto: "Era un padre che non abbandonava i suoi figli".

Eppure, alla fine del 1891, per l'ennesima volta i superiori lo trasferirono ad un nuovo centro missionario a nord-est della capitale, Tananarive. Il beato confidò al fratello Gabriele, gesuita pure lui: "Non è senza una stretta al cuore che ho lasciato Ambositra dopo cinque anni e mezzo di permanenza, di lavoro e di sofferenze!". Il sacrificio del distacco non gl'impedì di donarsi con rinnovato zelo alla nuova comunità. Scriverà infatti: "Sera e mattino insegno il catechismo, e il resto del tempo lo dedico a ricevere gente, oppure a visitare tutti quelli del vicariato, amici e nemici, per guadagnarli tutti a nostro Signore". I fedeli, trattando con lui, si accorgevano di avere a che fare con un religioso onesto e sincero. Un catechista malgascio affermò di lui: "Era buono con tutti come il sole di primavera". Ai cristiani ripeteva sovente: "Non abbiate paura di coloro che uccidono il corpo, ma non possono uccidere l'anima". Oppure: "Supponendo anche che voi foste divorati da un caimano, voi risuscitereste".

Nel 1894 scoppiò la seconda guerra dei malgasci contro la Francia. Varie tribù si ribellarono, tra cui quella dei Ménalamba, causando saccheggi e incendi. Nei missionari essi vedevano soltanto delle persone che bisognava fare sparire perché avevano fatto perdere il potere alle loro divinità pagane e ai loro amuleti. Ai cristiani, fatti da loro prigionieri, andavano ripetendo: "Finché noi adoravamo gli dèi dei nostri padri, avevamo la nostra patria, la nostra sovrana, il nostro esercito; ma voi avete destato l'ira degli dèi, abbandonandoli per la nuova religione, pregando l'antenato dei bianchi, Gesù Cristo, e così abbiamo perso tutto". Uno dei centri del distretto in cui si trovava il P. Berthieu, Ambatomainty, nel marzo del 1896, fu fatto evacuare dalle autorità militari perché era loro impossibile difenderlo. Una colonna di 2.000 profughi, preceduta da soldati francesi, si mise in cammino alla volta di Ambohimila. Il Padre volle rimanere in mezzo ai suoi figli per incoraggiarli e consolarli tra le inaudite loro sofferenze. Poté costatare con soddisfazione che i migliori di loro erano pronti a morire con lui "se necessario, per non tradire la propria coscienza". Il comandante più volte gli offerse la sua tenda e la sua mensa, ma il missionario, per non allontanarsi dal gregge, preferì servirsi della capanna di erbe secche che gli avevano costruito.

Con i soldati francesi e malgasci si trovavano pure truppe senegalesi, famose per le loro dissolutezze e ruberie. Il P. Berthieu, in una lettera al Vicario Apostolico, Mons. Cazet, così ne parlò: "Questi soldati neri non sono buoni che a combattere. All'infuori di ciò, si comportano come bruti e sfacciati predoni nel nostro villaggio. Con la mia vigilanza ho potuto consentire alla nostra gente di dormire in pace e quanto mi sono riconoscenti!".

Dopo una settimana, i fuggiaschi poterono fare ritorno alle loro capanne, ma le trovarono incenerite. Le fatiche che il P. Berthieu dovette allora sostenere furono tante che cadde gravemente malato, e ci vollero parecchie settimane di cure a Tananarive prima che potesse ricuperare le forze. Nel ritornare alla residenza, confidò alla superiora delle Suore di San Giuseppe di Cluny: "Non so che cosa mi aspetta, ma qualunque cosa accada, sono pronto. Ho fatto i miei esercizi spirituali come fossero gli ultimi".

Il beato aveva appena ripreso il suo posto di lavoro quando gli abitanti di Ambatomainty ed il presidio ricevettero l'ordine di ritirarsi in fondo ad una valle stretta. Il capitano Castel avrebbe voluto che, in quella confusione, il P. Berthieu fosse rimasto nel villaggio, ma egli gli rispose: "Ah, no! Non posso accettare perché quei poveri cristiani sono nell'angoscia ed io voglio raggiungerli". I Ménalamba, frattanto, continuavano ad incendiare i villaggi approfittando delle esitazioni delle autorità della capitale. Il Padre fece rilevare la gravita della situazione, ma non venne preso alcun provvedimento dai responsabili. Egli allora non poté fare altro che ravvivare i buoni sentimenti nei suoi fedeli e farli pregare quando si assiepavano intorno alla sua capanna.

Il 6 giugno 1896 il Beato fu informato dal capitano Castel che l'esercito e la popolazione dovevano ripiegare ancora verso la capitale per sfuggire agli assalti dei Ménalamba. Il terrore s'impossessò della povera gente incolonnata dietro ai soldati con i bambini, i malati, i vecchi ed il bestiame.

Il Padre, montato su un cavallo, correva da una estremità all'altra dell'interminabile colonna per consolare e animare tutti. Avendo trovato un giovane operaio accasciato a terra per una piaga al piede, lo fece salire sulla sua cavalcatura. Egli camminò in mezzo ai ritardatari, stremati dalle forze, per esortarli a raggiungere il grosso dei fuggiaschi, ma la sua preoccupazione risultò inutile perché, all'improvviso, una cinquantina di Ménalamba, approfittando della lontananza dei soldati francesi, piombò su di loro e li spogliò del bestiame e dei viveri. Il P. Berthieu nel parapiglia affidò il giovane operaio ad alcuni cristiani, e poi fuggì a cavallo con gli altri sventurati nel vicino villaggio di Ambohibemasoandro con la speranza che i francesi, avvertiti della loro cattura, si sarebbero mossi alla loro ricerca.
All'alba del giorno 8 giugno il Padre celebrò la Messa sopra un armonium, ed esortò i cristiani che lo avevano seguito a preparare il pasto perché non sapevano che cosa sarebbe accaduto, e a stare tranquilli recitando il rosario. I Ménalamba nel pomeriggio presero d'assalto il villaggio. Appena il beato ne fu avvertito esclamò: "Prepariamoci, figli miei, perché forse stiamo per morire!". Quando sentì i Ménalamba gridare: "Consegnateci il bianco, altrimenti bruceremo le vostre case", egli ordinò ai fedeli di fuggire dicendo: "Se qualcuno deve morire, questo sarò io". Un giovane schiavo indicò agli assalitori prima il cavallo del missionario e poi la soffitta in cui si era nascosto.

Il P. Berthieu fu trascinato nel cortile della casa che lo ospitava e percosso con un colpo di accetta al collo e alla fronte. Egli cadde in ginocchio, poi si alzò e si terse il sangue con il fazzoletto sospirando: "Non uccidetemi, figli miei; ho da dirvi delle cose buone". Per tutta risposta gli fu assestato un altro colpo di accetta al collo. Alcuni avrebbero voluto ucciderlo subito, la maggior parte però preferì condurlo al proprio campo distante circa quindici chilometri, per presentarlo al capo. Diversi assalitori si misero alla cerca di coloro che avevano accompagnato il missionario, ma costoro riuscirono a nascondersi o a fuggire grazie all'aiuto di amici e conoscenti.

Appena fuori del villaggio gl'insorti spogliarono il missionario della veste talare. Vedendo che sul petto portava il crocifisso, uno dei capi glielo strappò di dosso gridando: "Ecco il tuo amuleto! È di questo che ti servi per trarre in inganno la nostra gente!". Poi gli domandò: "Pregherai ancora e farai pregare la gente, sì o no?". Rispose il martire: "Pregherò ancora di certo, fino alla morte". Sull'orlo del fossato giaceva il suo cavallo, tagliato a pezzi. "Vuoi dunque fare la sua stessa fine?" gli dissero percuotendolo selvaggiamente. "Io non spero che voi mi lasciate la vita. Se acconsento a quanto voi dite, sarò io stesso ad uccidermi, ma se respingo le vostre parole, io vivrò". "Sì, tu vivrai, gran signore!" gli urlarono dietro, con scherno.

Arrivati al villaggio di Ambohitsara, colui che percosse il missionario per primo, gli disse: "Tu costringi a ritornare con noi le donne che non amiamo più e dalle quali abbiamo divorziato da due o anche tre anni. Ebbene, oggi ci sposeremo con te!". "Ti prego - gemette il Padre - non avere l'ardire di oltraggiarmi per una cosa di questo genere, figlio mio".

Altri, nella speranza di beneficiare del suo misterioso potere di sacerdote, gli fecero questa proposta: "Se tu, invece di pregare, c'insegni a usare le armi contro i bianchi, noi ti libereremo". "Non sono venuto per insegnarvi a combattere - rispose loro il beato - Finché vivrò, v'insegnerò a pregare. La preghiera vi aiuterà a salvare le vostre anime".

Proseguendo il cammino uno dei rivoltosi si mise a parlare della inquietudine che lo tormentava dopo l'arresto del P. Berthieu. Difatti aveva cercato due volte di sparare sul missionario, ma il colpo non era partito. Un altro, sentendo questa confessione, raccolse una grossa pietra e la scagliò con forza contro la schiena del prigioniero, dicendo: "È uno che prega, non si può condurlo al campo perché profanerebbe i feticci".

Quando i Ménalamba, con un centinaio di capi di bestiame razziati, giunsero ad Ambohitra, villaggio che il missionario aveva convertito, pioveva. "Figli miei - implorò allora P. Berthieu - volete darmi un panno? Ho tanto freddo!". Gli abitanti, terrorizzati, non ebbero l'ardire di soccorrerlo per timore di rappresaglie. Passando davanti alla chiesa, in cui aveva esercitato tante volte il suo ministero, egli manifestò il desiderio di entrarvi, ma non gli fu permesso. Si inginocchiò allora davanti alla porta e recitò ad alta voce il Padre Nostro e l'Ave Maria stringendo tra le mani la corona del rosario. I Ménalamba si fecero beffe di lui e dei suoi amuleti. "Non sono i miei amuleti, - rispose loro con dolcezza il beato - ma questo crocifisso rappresenta il Salvatore degli uomini". I carnefici, adirati, lo percossero con il calcio dei fucili. Il martire fu allora udito mormorare: "La mia carne trema al cospetto della morte, ma la mia anima non ha paura perché quando sarò morto andrò dal Padre mio". Tra insulti e volgarità la marcia riprese. Il padre, estenuato dal sangue perduto e dalla fatica del viaggio, era immerso in un bagno di sudore.

Alcuni uomini si erano staccati dal gruppo ed avevano fatto ritorno alle loro case perché cominciava a farsi buio. Gli altri non se la sentivano di fare la guardia al prigioniero di notte per il timore di essere inseguiti e catturati dai soldati francesi. D'altronde, essi dicevano: "Se lo conducessimo al campo, profanerebbe i feticci, perché porta con sé degli amuleti potenti". Lo trascinarono allora a una cinquantina di metri fuori del villaggio di Ambiatibe e lo fucilarono. Prima di morire il beato aveva chiesto di potere pregare per i suoi uccisori con la faccia rivolta ad oriente. Uno dei capi gli si era avvicinato e gli aveva detto: "Rinuncia alla tua cattiva religione; non ingannare più la gente e noi ti porteremo con noi e ti faremo nostro capo e nostro consigliere, e non ti uccideremo". Il prigioniero gli aveva risposto: "Non posso assolutamente accettare una cosa simile, figlio mio! Preferisco morire!".

I sei uomini del plotone, incaricati dell'esecuzione capitale, furono invasi da un paura misteriosa. Quattro di essi infatti fallirono il bersaglio. Il P. Berthieu cadde a terra soltanto al quinto e al sesto colpo. Con un randello gli fu fracassata al testa e poi venne gettato nel fiume vicino, infestato dai caimani, per non attirare sugli abitanti del villaggio le eventuali ire dei francesi. L'eroico missionario fu beatificato da San Paolo VI il 17 ottobre 1965 e canonizzato da Papa Benedetto XVI il 21 ottobre 2012.


Autore: Guido Pettinati

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/56500


Voir aussi : https://sites.google.com/site/katolikamalagasyzanatany/md-jacques-berthieu



https://www.lasalette.org/index.php/la-salette-news/la-salette-news-worldwide/776-a-martyr-saint-for-Madagascar



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